Dom, jusqu'à hier j'étais dans le "pas de nouvelle, bonne nouvelle". C'est à dire que ma première Jeep (avec le 2.5 VM diesel) a tourné sans me faire des vacheries.

Pour que les choses puissent continuer comme ça, j’ai cherché pendant un bon moment un modèle à essence, sensé tracter plus et avec moins de risques mécaniques que le VM. La recherche d’une occasion pas chère et pas poubelle est une chose ardue, j’ai trouvé de tout et à tous les prix. La perle rare était dans le Var, à 7000 euros.
Après un premier échange de courriels et de documents scannés (carte grise et contrôle technique) avec le vendeur, je lui ai fait comprendre que sa Jeep en parfait état et suivie par le concessionnaire (sic) présentait un certain nombre de défauts qui rabaissaient sa cote à 4 mille. Réponse : niet les 4 mille, j’en veux 5.
Vu que je suivais d’autres annonces de Jeep toujours en parfait état et suivies par les concessionnaires de France et de Navarre, je n’ai pas monté mon offre d’un centime. Ultimatum du vendeur : venez voir la Jeep (toujours à 5 mille euros) ce week-end, sinon quelqu’un d’autre va l’acheter. J’ai répondu que le tourisme dans le Var n’était pas au programme du week-end, car j’allais faire ma déclaration d’impôts (cette précision pourrait avoir un impact sur le vendeur, car si quelqu’un paye des impôts cela signifie qu’il a assez d’argent pour payer une vieille Jeep).
Silence radio, je me suis dit ça y est, elle a été vendue. Surprise, mercredi dernier le vendeur me dit qu’il me la laisse à 4 mille. Des 7 mille au départ nous sommes donc descendus à 4.
Me voilà donc hier à traverser les Alpes pratiquement en ligne droite jusqu’à Draguignan. Les roues de charrettes et les nains de jardin de l’Isère ont progressivement laissé place à des maisons rose bonbon, avec des poteries romaines faites à la chaîne en usine. Que c’est beau l’art populaire ! J’ai tout de même eu de la chance, car le pote qui m’accompagnait, sachant que je sécrète de graves crises d’allergie si j’ai le malheur d’entendre Johnny Hallyday, a préféré ne pas mettre la radio en service.
La rencontre avec la belle a eu lieu devant une gare, en plein soleil. Bon, j’ai dit la belle, mais je parlais de l’état qu’elle a du avoir il y a 8 ans, car en Mai 2009 c’était la totale : les pare-chocs fendus ne tenaient que par la grâce de Saint Christophe, la vitre d’un des rétroviseurs bougeait rien qu’en soufflant dessus, l’éclairage de l’intérieur ne s’éteignait pas, enfin et pour résumer il faudrait des pages pour décrire tout ce qui faisait le charme de ce brave Grand Cherokee 5.2 litres V8. La cerise sur le gâteau était l’absence totale de traces d’huile moteur sur la jauge. Inutile de dire qu’il n’y avait pas des factures d’entretien, et que le chargeur CD n’était finalement qu’un simple lecteur de K7. Les rayures sur la peinture c’était normal, car mon bon monsieur un 4x4 n’est fait que pour monter sur les trottoirs en ville.
Dans ma tête, qui commençait à imploser au soleil varois de ce parking, je me suis dit tant pis, cela nous promené et fait voir des maisons rose bonbon et des poteries néo greco-romaines. J’ai donc remercié le vendeur pour l’opportunité qui nous avait été donné de voir du pays, et je me suis préparé pour rentrer au bercail avec la consolation de savoir que mon pote n’oserait surtout pas allumer son poste radio, car si j’entendais Johnny Hallyday ce serait la goutte qui fait déborder le vase. Le vendeur m’a alors demandé que de lui faire une proposition d’achat, et mon chauffeur qui commençait aussi à avoir le cerveau en ébullition à cause du soleil varois m’a suggéré que j’offre 2500 euros pour cette magnifique Jeep soigneusement entretenue par le concessionnaire. Comme en fait j’en avais marre, je voulais seulement sortir de ce parking, et prendre la route du retour pour trouver un coin tranquille pour pisser, j’ai annoncé que la poubelle devant moi ne valait pas plus que 1500 euros, et je ne donnais pas plus vu que je n’avais même pas envie de retaper un engin pareil.
Vous voulez savoir la suite ? Et bien, cette Jeep est aujourd’hui chez moi, je l’ai payé 1500 euros, soit 21% du prix de départ… La différence servira à payer la carte grise et la consommation de carburant, équivalente à celle d’un Boeing au décolage.

En attendant d’attaquer le retapage de ma nouvelle, si vous aussi vous avez une Jeep en parfait état, soigneusement suivie par le concessionnaire, jamais tracté, ni tout terrain, garanti sans poiles de chien sur la moquette, prix inférieur à 1500 euros (vous avez compris, je viens de vous démontrer que ce montant est la cote standard), n’hésitez pas à me la proposer. Je ferai un effort d’aller la chercher, même si votre département n’a pas des maisons couleur rose bonbon, ni des nains de jardin, et surtout si vous ne me faites pas écouter Johnny Hallyday.